Tbex : rencontre entre blogueurs et destinations touristiques

Tbex : rencontre entre blogueurs et destinations touristiques

Cet article a été publié il y a plus d'un an, il est donc possible qu'il contienne des informations qui ne soient plus d'actualité.

Deux fois par an, blogueurs de voyage et acteurs de l’industrie du tourisme se retrouvent le temps d’un évènement sur le Travel Blog Exchange (Tbex). Début juin, le rendez-vous était donné à Toronto pour 2 jours de conférences, de keynotes et de speed-dating entre blogueurs et destinations. Au programme, contenu, storytelling ou encore communauté. Deux blogueuses françaises étaient sur place dont Adeline Gressin du blog voyagesetc tout juste reconnue comme « influenceur Voyages 2013 » par Tribway. J’ai donc eu envie de lui poser quelques questions sur cet évènement dont on a finalement peu entendu parler en France.

Peux-tu nous expliquer en quelques lignes l’objet de ton blog et nous présenter ton activité de blogueuse ?

adeline gressin

Adeline lors de la remise du trophée Influenceur 2013.

J’ai créé mon blog Voyagesetc.fr en 2009 avant de partir pour un an autour du monde. Ayant pris goût à l’écriture de voyage et au partage de mes expériences de voyageuse, j’ai continué à bloguer au retour contrairement à beaucoup de voyageurs au long cours. Aujourd’hui j’écris des chroniques de voyage entre culture et aventure et donne des conseils pour voyageurs (ou plutôt voyageuses) en solo. J’essaye de faire rêver, d’inspirer et d’inciter les filles à avoir l’audace de réaliser leur rêve de partir.
Je continue mon blog aujourd’hui par passion pour le voyage et l’écriture. C’est une activité à plein temps.

Fin mai, tu es partie au Canada. Ton voyage a débuté par une participation au « Journey to Tbex », quel était le concept ?

Le Canada et Toronto accueillaient l’édition nord américaine du Tbex, une conférence qui réunit les blogueurs de voyage d’Amérique du nord et du monde. Pour les destinations hôtes et sponsors, inviter des blogueurs sur des voyages est un bon moyen de faire rayonner leur pays et leur culture à travers le monde via les blogs et les réseaux sociaux de leurs invités. La commission canadienne du tourisme avait invité 28 blogueurs sur 3 différents voyages en train. Le mien partait de Halifax en Nouvelle Ecosse, passait par le Nouveau Brunswick, le Québec et l’Ontario. Je suis allée dans des endroits qui m’étaient totalement inconnus entre nature et culture comme j’aime, en plus de vivre 10 jours exceptionnels avec des blogueurs et photographes venus des 5 continents.

La blogosphère internationale du voyage s’est ensuite retrouvée au Travel Blog Exchange (Tbex) de Toronto. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cet évènement et sur son programme ?

Le Tbex, c’est 2 jours de conférences entièrement dédiés aux blogueurs de voyage et à l’industrie du tourisme souhaitant travailler avec nous. Les sujets des conférences sont orientés autour de 4 thèmes : [unordered_list style= »bullet »]

  • Comment développer son contenu ?
  • Comment développer une communauté fidèle ?
  • Comment travailler avec l’industrie du tourisme/avec des blogueurs ?
  • Comment en faire un business ?

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En plus de la trentaine de conférences proposées sur ces thèmes, des keynotes plus généralistes, très inspirantes, ouvrent et ferment les journées et des speed datings de 10 minutes entre les blogueurs et partenaires/sponsors sont organisés pour ouvrir des perspectives de collaboration à chacun.

Les conférences sont données par les blogueurs ou des acteurs de l’industrie du tourisme qui travaillent régulièrement avec ce nouveau média.
Le Tbex est un événement générateur d’idées et d’échanges qui donne des ailes. Il y en a deux par an : un en Amérique du nord et un en Europe. Le prochain aura lieu à Dublin début octobre.

Ce n’est pas la première fois que tu participes au Tbex. Quels sont les attentes et les objectifs d’un blogueur sur un tel évènement ?

Même si je blogue en français, j’ai toujours été attirée par l’international, j’ai d’ailleurs pas mal travaillé avec l’international du temps où j’étais publicitaire. C’est donc assez naturel pour moi d’analyser ce qui se fait ailleurs et d’aller m’y confronter. Les blogueurs anglophones ont quelques années d’avances sur nous, ils sont une bonne source d’inspirations pour de nombreuses choses, notamment le networking et leurs manières assez innovantes de travailler avec les acteurs du tourisme. Ils dessinent eux-mêmes des projets qui correspondent à leur personnalité, à leurs objectifs, à leurs attentes et arrivent à les vendre aux acteurs du tourisme.
Aller au Tbex c’est avoir la chance de les rencontrer, de nouer des relations privilégiées avec eux, de parler des campagnes qu’ils ont réalisées et parfois recevoir des conseils personnalisés.

J’ai participé à mon premier Tbex à Gérone en 2012. J’avoue y être allée un peu en touriste mais il m’a aidé à trouver la voie que je devais prendre, à comprendre comment ça se passait. J’ai mieux préparé celui de Toronto et avec les quelques jours de recul que j’ai, je le vois comme celui de la confirmation. Il me prouve que je pars dans la bonne direction et il m’ouvre des portes à l’international. Le marché du bloguing français attire les marchés étrangers et je me rends compte que bloguer dans la langue de Molière est une force, plus que je ne le croyais. Celui de Dublin en octobre sera je l’espère celui de la consolidation. A moi de travailler dans ce sens d’ici là.
En allant au Tbex, je pense que je vais tout simplement chercher ce que je ne trouve pas en France, me rassurer sur les objectifs que je me suis fixés pour Voyages etc et me sentir moins isolée, épaulée.

The PlanetD

Tbex – Photo Adeline Gressin

Le programme était riche, quelles sont les conférences auxquelles tu as participé et qui t’ont le plus marqué ?

J’ai participé à toutes les keynotes, celle Trey Ratcliff, celle d’Erik Lindbergh (petit fils de Charles Lindbergh qui fit la traversée de l’Atlantique en avion monoplace en 1927) et celle de Dave et Deb de The Planet D. Les deux premières étaient très inspirantes et poussaient à réfléchir sur le sens de nos vies, combien il est important de faire ce que l’on aime et surtout d’y croire encore et toujours. C’est un peu à l’américaine tout ça mais de temps en autres ça fait du bien de l’entendre.
C’est la conférence de TheplanetD que je retiens car ils ont retracé un peu de leur histoire, où ils en sont aujourd’hui et ont donné des perspectives d’avenir sur le blogging en général. Intéressant et inspirant pour nous autres français qui avons encore beaucoup de chemin à parcourir.
Ensuite j’ai participé à 6 conférences :

  • [unordered_list style= »bullet »]
    • un cas d’école Expedia sur le développement de contenu avec les blogueurs pour leur campagne Expedia find yours
    • comment pitcher un acteur du tourisme ?
    • le storytelling, comment écrire des histoires qui chavirent vos lecteurs
    • la vidéo (je sais que je dois m’y mettre mais je ne sais pas comment)
    • développer sa communauté sur les réseaux sociaux
    • construire une stratégie sur Instagram

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J’avoue que celle sur « comment pitcher un acteur du tourisme » était très drôle, vivante et pratique et j’en tire de vrais enseignements notamment sur les choses à en pas faire quand on contacte un acteur du tourisme. La conférence sur Instagram aussi m’a séduite. Ici en France on sous-estime le pouvoir de ce réseau social pour les voyageurs (et pour les destinations). Depuis mon voyage en Thaïlande en avril dernier, je m’y mets très sérieusement et je trouve cela génial de partager ces petits instantanés de vie à travers le monde. Cette conférence m’a confortée dans ma « stratégie » sur ce réseau.

Pour avoir suivi l’évènement à distance, un de tes tweets a retenu mon attention : « SEO sert à faire venir les lecteurs, raconter des histoires sert à les faire rester » Quel est ton avis sur le sujet ?

La sujet de la conférence donnée par Mike Sowden était le storytelling. Mike est un puriste. Il a la passion du voyage et des mots, le lire est une réelle évasion. Ce qu’il veut dire avec cette phrase est qu’il est important de faire du SEO mais si le contenu, le style, la qualité ne suivent pas, les lecteurs n’auront pas envie d’aller plus loin dans la découverte du blog. Je suis plutôt d’accord avec ça : un billet au titre racoleur et creux à l’intérieur fait fuir le lecteur. Un billet au titre certes un peu accrocheur mais au contenu de qualité le fait rester.
Si je me positionne en tant qu’auteure je déteste écrire des billets SEO sur mon blog. J’aime les mots et je n’aime pas à avoir à les manipuler pour que cela plaise à des robots mais j’en fais parce qu’il n’y a pas de secret : ces billets attirent les lecteurs et il faut en avoir quelques-uns.
Si je me positionne en tant que lectrice je me sens souvent flouée par le contenu de ces articles et j’avoue fuir plus souvent que rester.
En tant que “raconteuse d’histoire” je suis en train de chercher et petit à petit trouver cet équilibre dont parle Mike. Il faut apprendre à doser la part de SEO et la part de storytelling ou à mixer les deux comme je le fais sur ma série de billets « Voyager seule ».

Finalement aujourd’hui, un blogueur est à la fois un « raconteur d’histoire » mais aussi un marqueteur. N’est-ce pas ambigu comme position par rapport aux lecteurs ?

C’est exactement la conclusion de la conférence de Toronto. Un blogueur a une triple compétence : il est auteur, marqueteur et développeur. On pourrait ajouter à cela vidéaste, photographe, graphiste et de nombreuses autres compétences selon les personnalités de chacun. Pour faire ce “métier”, il faut être avant tout être passionné. Sans passion et sans volonté on ne tient pas. Cela demande une telle énergie de tenir un blog au quotidien.
Concernant l’ambiguïté, je pense que tant qu’on ne se sait pas où l’on va, il peut y avoir ambiguïté mais quand on fait son travail dans un souci de qualité en pensant d’abord à son lecteur avant de penser au marketing, je pense qu’elle n’a pas sa place.
Personnellement je prône la qualité, l’éthique et la transparence vis à vis de mes lecteurs. Je ne parle pas d’une destination où je ne suis jamais allée et je ne fais pas un voyage de presse sans le préciser. Je ne trompe pas mon lectorat.
Quand j’accepte un voyage, je le fais parce que je sais ce qu’il va apporter en plus à mon blog et j’ai plus ou moins déjà une idée avant de partir de ce que je veux vivre sur place et raconter en rentrant. Si le sujet du voyage ne convient pas à ma ligne éditoriale, à ma cible, à mes objectifs ou à ce que je suis, je refuse. Il y a peu de place laissée au hasard, je ne suis pas là pour voyager gratuitement mais pour pouvoir offrir mes expériences de voyage à mes lecteurs. En cela je rejoins les journalistes d’un média traditionnel finalement.
Lors de mon dernier voyage, nous avions des objectifs fixés par la Commission canadienne du tourisme que nous n’avons pas pu tenir sur place. Nous avons beaucoup parlé avec la personne qui nous accompagnait pour qu’elle comprenne pourquoi il était difficile pour nous de mener à bien leur demande. Grâce à ces discussions elle nous a avoué avoir compris rapidement notre niveau de professionnalisme et la confiance s’est instaurée. Nous n’étions pas en colonie de vacances mais bien là pour travailler, pour vivre des expériences qui répondent au mieux aux attentes de nos lecteurs.
Plus nous travaillerons dans un souci de professionnalisme, au plus proche des destinations, avec une éthique claire et moins il y aura d’ambiguïté vis à vis de nos lecteurs.

Un évènement comme le Tbex est-il essentiel pour mettre en relation blogueurs et destinations ?

Il ne faut pas tout attendre d’un événement comme celui-ci. Ce n’est pas facile de se faire une place. Nous avons face à nous d’un côté des blogueurs anglophones aux discours rodés qui vont à ces conférences depuis des années et qui savent ce qu’ils veulent. D’un autre, nous avons des destinations qui ont déjà pas mal travaillé avec des blogueurs confirmés qui savent aussi ce qu’elles recherchent.
Même si en France je me positionne comme une professionnelle, je me sens amateure face aux blogueurs anglo et j’ai encore beaucoup à apprendre. Je conseille à mes collègues blogueurs français qui ont cette volonté de se professionnaliser, d’y aller au moins une fois pour se nourrir, pour comprendre. Plus nous serons à participer à ces conférences, plus nous comprendrons dans quelle direction il faut aller sur notre marché et plus nous arriverons à élever le niveau du bloguing de voyage en France. Plus nous proposerons de la diversité aux destinations, mieux ce sera.
Tbex offre la possibilité d’accélérer le processus de mise en relation mais comme en rugby, à nous de savoir transformer ces essais derrière et prouver aux destinations quels sont nos intérêts communs.

Tbex - Photo Adeline Gressin

Tbex – Photo Adeline Gressin

On sent une vraie proximité entre les destinations et les blogueurs outre-atlantique. Pour toi, nous en sommes où en France sur le sujet ?

Ici le marché du bloguing de voyage est jeune et amateur. Nous n’en sommes qu’aux prémices et les acteurs du voyage découvrent seulement depuis quelques mois la force des blogs. Ils sont encore en phase de test avec nous et ne comprennent pas encore vraiment ce que nous attendons. Nous sommes souvent traités comme des journalistes mais cela ne répond pas toujours à nos attentes. A nous de leur montrer ce que nous sommes capables de faire en terme de contenu et surtout leur expliquer ce qui nous différencie du journalisme. Nous avons un gros travail d’éducation mutuel à faire.

Les voyages “tailored-made” comme il se fait outre-manche ou outre-atlantique sont de très bons cas d’école. Parmi ceux-ci il y a les projets de Iambassador comme #MeetSouthAfrica, #Blogville de la région Emilia Romagna en Italie ou #Blogmanay en Ecosse (qui vient d’ailleurs de remporter un prix) et en début d’année a démarré le projet #YouthhotspotsGermany lancé par l’Office du tourisme d’Allemagne.

Pourquoi trouvons-nous tous ces projets géniaux ? Parce qu’ils sont montés par des blogueurs professionnels (ou en partenariat avec eux) pour des blogueurs. Ceux-ci sont rémunérés pour avoir apporté leurs idées. On en revient au fait que le blogueur doit définitivement se former aux techniques marketing s’il ne les a pas.

Les acteurs français du tourisme ne sont pas encore prêts à payer les blogueurs pour les conseiller ou faire ce genre de campagne pour eux (ou s’ils le sont qu’ils me contactent je suis prête). Par contre ils sont parfois prêts à payer des agences une fortune pour qu’elles leur trouvent des blogueurs adaptés à leur cible qui vont produire du contenu gratuitement en échange d’un voyage qu’elles auront organisé en partenariat avec eux. Je ne dis pas que l’un doit se substituer à l’autre mais que les blogueurs outre-Atlantique et outre-Manche nous ouvrent une voie et nous prouvent que nous pouvons nous-mêmes être pro-actifs et proposer des idées. Avant d’en arriver là je pense que nous avons un gros travail d’éducation à faire mais avec ce que j’ai vu et appris au Tbex, je suis assez confiante en l’avenir. Il faut juste laisser du temps au temps.

Comment une destination doit-elle choisir le blogueur qu’elle invite ?

J’ai pour habitude de dire Un blog = une identité/une personnalité. Comme les médias traditionnels, nous avons des cibles. Certains parlent de luxe, d’autres d’aventure, certains de voyage en solo, d’autres de voyage en couple ou en famille, de treks ou de city guides. Aux destinations de savoir ce qu’elles recherchent pour cibler au mieux les blogs qui répondent à leurs objectifs. Pour trouver chaussure à son pied, il n’y a pas de secret, il faut passer du temps sur internet, lire les blogs, voir leur régularité de publication… Je conseille aussi de regarder ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux pour voir comment le blogueur communique avec sa communauté, à quelle fréquence. Si beaucoup de personnes le suivent mais qu’il a peu d’interactivité alors il faut se poser des questions. A l’inverse s’il a une petite communauté mais très investie, cela peut être intéressant. Le choix d’un blogueur est important : travailler avec nous, c’est s’assurer d’une action à moyen voire long terme. Un blogueur parle de la destination avant, pendant et après son voyage voire il peut même publier des billets, des photos plusieurs mois après son retour.
Il n’y a pas de secret : pour choisir il faut connaître ses propres attentes vis-à-vis de ce nouveau média et se plonger dans les blogs, les lire, rencontrer les blogueurs, connaître leurs attentes. C’est un vrai travail.

Au fait un blogueur, ça vit de quoi ?

Ah ah bonne question. C’est complètement utopique à l’heure actuelle de croire qu’en monétisant son blog de voyage on va gagner suffisamment d’argent pour vivre. Bien sûr il y a toujours quelques liens, la création d’ebooks ou de formations virtuelles qui rapportent de l’argent mais est-ce suffisant pour vivre ? Non en tous cas pas pour des blogueurs basés en France.
Il y a deux catégories de blogueurs : ceux qui ont travail à temps plein et ceux qui multiplient les petites missions en free lance pour pouvoir vivre de leur passion.
Si on veut essayer de vivre de sa passion, je pense qu’à l’heure actuelle mieux vaut voir son blog comme une vitrine qui peut ouvrir des portes à des missions en freelance dérivées du blogging, du voyage et du web, à des partenariats avec de marques qui ont des valeurs communes ou à l’édition de livres. Aurélie Amiot de Madame Oreille et Julie Sarperi Les Carnets de traverse sont de bons exemples. Pour gagner sa vie un blogueur multiplie les petites missions.
Les passionnés comme moi disent qu’ils ne cherchent pas à se « faire de l’argent » mais à en gagner suffisamment pour pouvoir continuer à vivre de cette passion et voyager.

Merci Sébastien pour cette interview. Je suis une passionnée, difficile de m’arrêter sur le sujet du bloguing de voyage ☺

Sébastien Repeto

Fondateur de My destination, agence social media et tourisme. Spécialiste du Community management dans le secteur du voyage.

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  • 4coinsdumonde

    Merci beaucoup Adeline pour ce long interview très complet. C’est exactement ce que je cherchais. On a enfin un retour complet et instructif sur ce genre d’événements.

    Je me pose beaucoup de question depuis que j’ai découvert TBEX. Arrivé un peu tard pour celui de Toronto, je cherche ds infos sur celui de Dublin.

    Maintenant j’en sais un peu plus. Merci.

    Par contre je reviens sur un point particulier. Peux tu m’éclaire un peu plus sur la partie du storytelling ?
    Tu as trouvé que leurs manières d’expliquer et d’aborder le sujet du storytelling pour un lectorat anglophone pouvait s’adapter à notre marché FR. C’est bien ça ?

  • voyagesetc

    @4coinsdumonde:disqus storytelling s’adapte à tous les marchés, pourquoi il ne s’adapterait pas ?
    Par contre c’est beaucoup d’investissement pour arriver à écrire des billets qui passionnent.
    Le lectorat sur internet picore les informations par-ci, par-là, dès les premiers mots il faut arriver à capter son attention. Les blogueurs qui se lancent aujourd’hui veulent que leur site marche tout de suite et balancent des billets SEO pour être référencés au plus vite.
    Ces billets qui certes les mettent en avant, servent à faire venir les lecteurs qui trouvent dans ces billets ce qu’ils veulent (ou pas) et repartent. Le storytelling et le partage d’expériences servent à faire rester (et revenir) le lecteur.
    Pourquoi poses-tu cette question sur le storytelling ?

  • voyagecast

    Très instructif, merci !
    Par contre c’est vrai qu’il y a un gap énorme entre le blogging anglophone et le notre. Personnellement je ne suis pas pour le marketing à outrance utilisé là-bas… Les popups pour me vendre un ebook ou m’inscrire sur des mailings lists, non merci…
    Je ne suis pas pour l’écriture style SEO non plus, ça standardise trop et tire parfois les articles vers le bas…

  • Piotr Kroczak

    « Ah ah bonne question. C’est complètement utopique à l’heure actuelle de croire qu’en monétisant son blog de voyage on va gagner suffisamment d’argent pour vivre. »

    Faux 🙂 Méme si je ne vivrai sans doute pas aussi bien, que je devrai me priver de restaurants et de l’investissement en matos. Je pense que Fabrice Dubesset, Martin et moi pourrions très bien vivre en France des revenus de nos blogs… mais l’expatriation est aussi un choix.

    Donc il n’ y a pas deux catégories uniques comme tu le suggères Adeline mais 3. Sauf que tu ne mentionnes pas la dernière… Fabrice est d’ailleurs plus avancé au niveau marketing et s’approche des compétences des anglophones.dans ce domaine. Il collabore d’ailleurs avec des acteurs du tourisme, il n’y a qu’à voir son dernier concours… malheureusement, on entend moins parler de lui. Il n’est en effet pas intéressé par le réseautage…

    C’est regrettable de se dire blogueuse pro et de ne pas véritablement connaitre l’état du marché francophone en parlant au nom de tous.

    • Merci pour ton retour Piotr,

      C’est une bonne chose de voir que certains blogueurs de voyage francophones tirent des revenus de leurs blogs et réussissent à en vivre. Cependant vous êtes aujourd’hui très peu dans ce cas, et c’est certainement un message intéressant à rappeler aux destinations (un blogueur ne gagne pas sa vie avec des nuits d’hôtels offertes ou des billets d’avion).

      Adeline a pris le temps de répondre en détail à mes questions, et elle l’a fait en en son nom et pas en temps que porte parole de la blogosphère française. Ta réaction complète son propos 🙂

  • Fabrice Dubesset

    Je ne suis pas d’accord avec tout. Tout d’abord, il n’est pas utopique de vouloir vivre d’un blog en France. Je le pourrais, mais je préfère passer l’essentiel de mon temps à l’étranger, normal pour un blogueur voyageur.

    Ensuite, allez à TBEX n’est pas à mon sens essentiel, je n’y ai jamais mis les pieds perso. L’essentiel, c’est de créer (pour cela, être ailleurs est très bien), s’informer et se fixer des objectifs.

    L’article donne l’impression qu’il n’y a pas de blogueurs voyage pro francophone, or, c’est faux comme le souligne Piotr. Je ne trouve pas qu’il y ait une si grande différence avec les blogueurs anglophone.

    Là, où je suis d’accord, c’est qu’il y a un gros retard en France vis-à-vis de la perception des acteurs du tourisme envers les blogueurs. Mais est-ce important? Comme il a été dit, on ne vit pas de voyage de presse.

    L’important, c’est de se diversifier, et un blog peut faire en effet office de vitrine.

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